Biographie de l’auteure : Article écrit par Emily O’Donnell. Originaire de Sussex, au sud du Nouveau-Brunswick, Emily a commencé l’immersion française en 6e année. Elle a ensuite poursuivi ses études en français à l’Université de Moncton grâce à la bourse de 5 000$ qu’elle a gagné lors de sa participation au Concours national de rédaction en 2017. Elle est présentement dans sa 4e année en éducation primaire et espère devenir enseignante d’Immersion française afin de partager son amour pour la langue française.


Tout court, participer au concours de rédaction du Français pour l’avenir a changé ma vie. Prendre la décision de participer au concours a été une instance dans une chaîne d’événements qui m’a mis sur le chemin vers l’université en français, quelque chose que je suis convaincue que je n’aurais pas eu la confiance de faire si je n’avais pas participé. Mon histoire se déroule pendant ma douzième année, mais en réalité, elle commençait déjà à être écrite lorsque j’étais encore au primaire.


Depuis aussi longtemps que je puisse m’en souvenir, mes plans pour mes études postsecondaires étaient faits. J’allais étudier à une université anglophone, l’université qui accueillait la majorité des finissants de mon école secondaire, située dans une petite ville dans le sud du Nouveau-Brunswick, où l’on n’entend que rarement le français. J’ai toujours été une personne qui planifiait tout de façon détaillée et qui avait tendance à suivre ce que les autres faisaient, donc j’étais contente de suivre le chemin battu en savant que tous les plans étaient en place pour mon avenir.


J’étais loin de me douter que pendant ma onzième année, tous ces plans allaient être bouleversés. Depuis l’école primaire, je savais que je voulais devenir enseignante. Lorsque j’ai commencé à étudier en Immersion française en sixième année, on m’a dit que si je voulais obtenir un emploi en tant qu’enseignante au Nouveau-Brunswick, je devrais garder mon français, car en étant bilingue, il y avait plus de chances que j’obtienne un poste. Je planifiais donc poursuivre mes études à une université anglophone avec une majeure en français pour ne pas perdre la langue que j’avais travaillé si fort à apprendre. Mais tout cela a changé lorsqu’un de mes enseignants a suggéré que je devrais considérer des universités francophones pour faire mes études. Au début, cela semblait être une idée très farfelue; comment une fille fréquentant une école secondaire anglophone et ayant une famille à 100% anglophone pouvait-elle réussir dans une université francophone? Mais plus je réfléchissais, plus je croyais que faire mes études postsecondaires en français était possible. C’était effrayant, certes, l’idée d’étudier dans une langue que je parlais seulement depuis six ans, mais je savais que cela serait une expérience inoubliable et c’était exaltant, l’idée de faire quelque chose qui n’était pas anticipé par quelqu’un de ma région. Plus je réfléchissais, plus étudier en français semblait être une réelle possibilité. Cependant, j’étais encore inquiète de prendre ce risque et de sortir de ma zone de confort à un tel degré.


Rendue en douzième année, j’étais encore incertaine du chemin à prendre : devrais-je suivre mon plan original, prendre l’option plus sûre, et faire mes études en anglais, ou devrais-je tenter de faire mes études postsecondaires en français, ce qui semblait être pour moi un rêve de fou? Ce qui rendait cette décision encore plus difficile était le fait que je suis une personne perfectionniste et que je veux bien réussir tout ce que j’entreprends, donc l’idée que je pourrais ne pas aussi bien réussir en français me rendait mal à l’aise. J’avais donc fait ma demande d’admission à l’université en anglais, mais j’hésitais encore à faire de même pour l’université en français, car j’essayais encore de me convaincre que j’étais capable de poursuivre mes études en français. C’était pendant cette bataille interne que le Concours national de rédaction du Français pour l’avenir est entré en jeu. Après que le même enseignant qui m’avait proposé de faire mes études postsecondaires en français m’ait présenté le Concours et les bourses d’études qui y était rattachées, j’ai immédiatement pensé que mon français écrit n’était pas assez fort pour soumettre une rédaction au Concours, encore moins pour gagner une des bourses pour étudier en français. Mais, encore une fois, plus je réfléchissais et plus je lisais au sujet du concours, plus j’ai pu me convaincre que je serais capable d’écrire une rédaction assez bonne pour être soumise.


Écrire ma rédaction n’était pas facile, car je n’avais pas beaucoup de confiance dans mes habiletés, mais avec l’appui de mon enseignant et avec l’aide d’un dictionnaire anglais-français et d’un Bescherelle (entre autres), j’ai réussi à rédiger un travail dont j’étais pas mal fière. En plus de me prouver que j’étais capable de m’exprimer à l’écrit en français, la rédaction que j’avais produite m’a permis de me rendre compte à quel point ma langue française était, et est encore, importante pour moi, ainsi qu’à quel point j’étais, et je suis, fière d’être bilingue. Lorsque je l’ai finalement soumise, cela signifiait beaucoup plus pour moi que simplement soumettre une rédaction à un concours. Cela signifiait accepter que je n’écrivais pas sans fautes dans ma langue seconde, que ma rédaction était imparfaite, et que cela, c’était correct. Cela signifiait accepter qu’il ne fallait pas que je sois parfaite, que j’avais fait de mon mieux, et que mon mieux était assez.


En guise de conclusion à mon histoire, quelques mois après avoir soumis ma rédaction, j’ai reçu un courriel de la part du Français pour l’avenir. Après l’avoir lu à quelques reprises pour m’assurer que je ne me trompais pas, j’ai annoncé à ma mère que j’avais gagné une des bourses du Concours pour poursuivre mes études à l’Université de Moncton! Rendue là, j’y avais déjà soumis ma demande d’admission et j’avais reçu ma lettre d’offre, mais je n’avais pas encore accepté. Le fait d’apprendre que mes compétences linguistiques à l’écrit étaient assez bonnes pour mériter une des bourses octroyées n’a fait que renforcer que j’étais capable de réussir dans ma langue seconde.  


En réfléchissant à tout cela presque quatre ans plus tard, je remarque à quel point ma décision de participer au Concours a vraiment été un tournant dans mon cheminement. Si je n’avais pas osé participer, il y a de fortes chances que je n’aurais jamais soumis ma candidature à une université francophone. Je n’aurais jamais étudié à une université francophone, la meilleure décision que j’ai prise de toute ma vie. Je n’aurais pas vécu une panoplie d’expériences qui m’ont permis encore plus d’accroitre ma confiance en moi. Je n’aurais pas trouvé ma voix, une voix que j’utilise souvent aujourd’hui non seulement pour encourager d’autres anglophones à prendre le chemin moins fréquenté et à faire leurs études postsecondaires en français, mais pour encourager d’autres personnes à se sortir de leur zone de confort et à essayer des choses qu’ils n’auraient jamais pensé pouvoir faire. Et oui, j’ai gagné une bourse du Concours dont je suis très reconnaissante et qui m’a aidé énormément en tant qu’étudiante universitaire, mais c’était l’expérience de participer au Concours et les réalisations que cette participation a suscitées chez moi qui ont réellement changé ma vie.


Donc, je vous laisse avec deux choses:

  1. Si vous pensez participer au concours, faites-le! Vous ne savez jamais ce que cela donnera.
  2. Essayez! Osez prendre des risques! Faites des choses qui vous forcent à vous sortir de votre zone de confort. Vous êtes capables, vous n’avez qu’à faire le premier pas!

Dans la vie nous sommes présentées diverses occasions d’essayer quelque chose de nouveau qui nous fait peut-être peur ou dont la possibilité d’en tirer profit semble minime. Cependant, je crois qu’il faut tirer avantage de ces occasions lorsqu’elles se présentent, car on ne sait jamais à quel point on sera affecté de façon positive. Participer au Concours national de rédaction du Français pour l’avenir a changé ma vie et vivre cette expérience pourra également changer la vôtre, j’en suis certaine!


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