LES BIENFAITS DE LA COMPÉTITION

Par : Michèle Duguay

Michèle a remporté une bourse de 5 000 $ afin d'étudier à l'Université d'Ottawa!

Depuis environ un mois, une atmosphère singulière a envahi mon école secondaire. Les élèves de douzième année, y compris moi-même, étudient énormément, calculent sans cesse leur moyenne, parlent à leur orienteur… Chaque étudiant considère maintenant ses études comme une priorité, et les résultats sont époustouflants. Quelle est la raison de cet engouement soudain pour nos matières scolaires ? Elle est très simple, et le sujet est sur toutes les lèvres. C’est la période d’inscription pour les études post-secondaires. Chacun veut être accepté dans le programme de son choix, et fait compétition à ses pairs. Ceci n’est qu’un des nombreux exemples de compétition dans la vie de tous les jours. Les humains de tout âge sont en quête perpétuelle de perfection, et se mesurent aux autres. Ce fait soulève une question qui mérite réflexion : la compétition est-elle utile ou non ? Mes recherches et mon expérience personnelle me font affirmer que oui, la compétition est utile et a des bienfaits. C’est en se comparant aux autres que l’humain s’améliore, et la compétition crée des aptitudes utiles à la vie en société.

En premier lieu, l’humain a besoin de compétition pour se comparer aux autres et pour s’améliorer. Chacun d’entre nous possède le désir d’être le meilleur, une sorte de désir inatteignable de rejoindre la perfection. Ce désir peut avoir des résultats très positifs s’il est utilisé correctement, et ce, quel que soit le domaine. En se mesurant à ses pairs, chaque individu se crée des points de repère et une stratégie dépasser ses opposants, car il veut s’améliorer. Des études ont été faites sur ce phénomène, la première ayant eu lieu en 1898. Le psychologue Norman Tirplett a démontré que des cyclistes pédalaient plus vite en présence de d’autres concurrents que s’ils se déplaçaient seuls (1). Cela prouve que les humains veulent prouver leurs forces, et que ces forces peuvent être accentuées lors d’une situation compétitive. Dans plusieurs disciplines telles que la danse, les sports et la musique, la compétition est encouragée car les enseignants remarquent que c’est un facteur motivant qui améliore la performance. Une étude concernant 10 athlètes olympiques a démontré que leurs entraîneurs et parents considéraient la compétition comme une caractéristique psychologique nécessaire au succès (2). L’humain a donc besoin de la compétition pour s’améliorer par rapport aux autres. Il est aussi possible de se mesurer à soi-même lors d’une compétition de groupe. Le participant apprend à connaître ses points forts et à les utiliser en sa faveur. Il connaît aussi ses points faibles, et peut les améliorer. J’ai personnellement réalisé cela grâce à la musique. Je joue du piano depuis plusieurs années, et même si je me mesure aux autres, c’est pour m’améliorer personnellement. J’utilise mes atouts pour avancer, par contre je connais mes points faibles et je peux travailler à les améliorer. De cette façon, je finis par me dépasser. Ceci démontre que les humains ont besoin de la compétition des autres afin de devenir meilleurs.

Deuxièmement, la compétition, en particulier chez les jeunes, crée des aptitudes utiles à la vie en société. En d’autres mots, elle les prépare pour la vraie vie. Certains affirment que la compétition ne fait que décourager les perdants, et leur montre qu’il faut toujours gagner. Ceci est faux, car la compétition a en fait plusieurs bienfaits éducatifs. Le psychologue Dorian Martinez affirme que la compétition montre à l’enfant que tout ne s’achète pas, et permet d’apprendre à accepter la défaite (3). Les jeunes qui participent à des activités compétitives seront plus préparés, par exemple, pour le milieu du travail, ou il faut souvent faire plusieurs essais avant de décrocher un emploi. Ils auront aussi plus d’aptitudes telles la persévérance pour réussir dans leurs études secondaires ou post-secondaires, s’ils ont de la difficulté dans certains cours. D’un autre point de vue, il est possible de d’affirmer que la compétition dans des milieux à plus petite échelle, tels que la salle de classe ou la famille, crée des situations parallèles à la société. Pour illustrer ce concept, prenons la famille comme exemple. Personnellement, je suis l’aînée de quatre enfants. J’ai toujours voulu être admise à l’université, et l’année prochaine j’y entrerai finalement. Involontairement, j’ai créé un standard que mes frères et sœurs plus jeunes suivront. Ils ne le feront peut-être pas consciemment, mais leur but sera également d’entrer à l’université, et mes parents les encourageront et feront tout ce qui est en leur pouvoir pour les aider. De cette façon, mes frères et soeurs viseront un but et travailleront afin de l’atteindre. La société fonctionne de la même manière : il y a un certain standard à atteindre pour avoir du succès, et la plupart des gens s’efforcent de s’y rendre. Chaque individu tente d’avoir un bon travail, une maison, une famille… Il s’agit en effet de compétition, mais elle n’est pas nocive car elle permet aux individus de viser plus haut, de s’améliorer et d’avoir un meilleur mode de vie.

En conclusion, je crois qu’il est possible d’affirmer que la compétition saine est utile, et apporte plusieurs bienfaits. Dans tous les domaines, que ce soit les sports, la musique, les études ou même les relations interpersonnelles en général, la compétition permet à l’être humain de s’améliorer car il se compare aux autres et à soi-même. De plus, la compétition chez les jeunes enfants et les adolescents leur apporte plusieurs atouts et aptitudes utiles pour vivre en société : elle leur apprend à accepter la défaite, et à travailler fort afin d’obtenir le mode de vie qu’ils désirent. Cependant, malgré le désir de se dépasser soi-même, il faut que chaque individu apprenne à s’accepter et à vivre selon ses valeurs.


NOTES EN FIN DE TEXTE

(1) Robson Bonnie E., Competition in sport, music and dance, Academic OneFile, 2004, p. 161, http://find.galegroup.com.ezproxy.biblioottawalibrary.ca/gtx/start.do?prodId=AONE&userGroupName=otta35732
(2) Robson Bonnie E., Competition in sport, music and dance, Academic OneFile, 2004, p. 161, http://find.galegroup.com.ezproxy.biblioottawalibrary.ca/gtx/start.do?prodId=AONE&userGroupName=otta35732
(3) Thomazeau Anne-Marie, Dopage chez les jeunes sportifs, France, Viva Presse, 2004, p.1. http://www.viva.presse.fr/Dopage-chez-les-jeunes-sportifs_6097.html



BIBLIOGRAPHIE

JOHNSON, Spencer. Who Moved My Cheese? , New York, G.P. Putnam’s Sons, 2002, 96 p.

ROBSON, Bonnie E. Competition in sport, music and dance, Academic OneFile, 2004, 7 p. http://find.galegroup.com.ezproxy.biblioottawalibrary.ca/gtx/start.do?prodId=AONE&userGroupName=otta35732

THOMAZEAU, Anne-Marie. Dopage chez les jeunes sportifs, France, Viva Presse, 2004, 1 p. http://www.viva.presse.fr/Dopage-chez-les-jeunes-sportifs_6097.html

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