L’OUTIL SECRET DU SUCCÈS

Par : Josée Rioux

Josée a remporté une bourse de 10 000 $ afin d'étudier à l'Université Saint-Anne!

«As-tu fait mieux ou pire que moi?». Étant une élève du secondaire, j’ai entendu cette phrase des centaines de fois. Le milieu scolaire est bombardé de pression compétitive, que ce soit en salle de classe ou dans les équipes sportives. Elle peut exister entre pairs ou être simplement en soi, être forte ou faible. Toute cette variation de la compétition crée différents effets chez ces sujets et passe du positif au négatif. À partir de cette réalité, la question suivante se pose : la compétition est-elle utile?

Selon moi, la compétition est une expérience inévitable et importante dans la vie de toute personne et c’est grâce à elle que l’on grandit. D’après le psychologue Thayer White, nous passons tous à travers une étape lors de notre croissance où la compétition est essentielle pour un développement d’une bonne estime de soi (1). La compétition sportive est souvent, comme dans mon cas, la première forme de compétition connue. Ce sont les sports compétitifs qui m’ont aidée à bâtir un caractère fort et qui m’ont donné la capacité de contrôler mes émotions aux moments cruciaux. À mon avis, ces aptitudes sont très utiles afin de faire face aux obstacles de la vie. De plus, selon l’auteur canadien, Robert Blondin, «Où la passion rôde, la compétition guette (..)»(2). En d’autres mots, l’esprit compétitif accompagne et inspire souvent la passion. Je pense que c’est la passion qui permet et pousse à accepter les défis. Aussi, mes entraineurs m’ont souvent dit que l’on devait toujours s’entrainer comme si on était en seconde position, et c’est cette motivation compétitive qui permet une amélioration continuelle.

C’est dans le milieu scolaire que la compétition a eu son deuxième impact dans ma vie. Bien que ce soit l’horaire chargé de devoirs qui m’ait appris à devenir plus efficace, c’est la compétition qui me force à y mettre la qualité dans chaque travail. Pour certains, elle aide aussi à se formuler des objectifs et des buts et par conséquent inspire une certaine motivation, bien nécessaire, chez les étudiants. De plus, être soumis à de grandes compétitions entre étudiants universitaires, à titre d’exemple, aide à découvrir ses capacités et ainsi donne l’occasion d’essayer de pousser ses limites.
Bien que la compétition me semble avoir de nombreux effets positifs, plusieurs la voient tout de même d’une façon négative. Cette vision péjorative vient probablement du fait que pour profiter des bienfaits de la compétition, il faut qu’elle soit sous une forme et une intensité appropriées. Qu’elle soit trop élevée, peu élevée ou absente, elle ne fera que l’effet contraire. Trop de fois un athlète talentueux a abandonné ses essais pour faire partie d’une équipe, sans même se donner l’occasion de réussir, simplement à cause de la peur d’une trop grande compétition. Le psychologue sportif Terry Olrich a affirmé qu’il n’était pas inhabituel que 80 à 90% des athlètes cessent la pratique de sport avant l’âge de 15 ans et estime qu’un certain pourcentage de ceux-ci cesse en raison de la compétition(3). Une même pression trop forte peut aussi favoriser les pensées négatives, ce qui peut grandement nuire à la performance. De même, si le niveau de compétition est trop bas, il arrive souvent que les athlètes cessent de pousser leurs limites et arrêtent de s’améliorer.

Bien sûr, ces effets ne se limitent pas qu’au milieu sportif, mais s’étendent au milieu scolaire. Une trop grande compétition peut, de même, grandement nuire au résultat académique d’un élève. Lorsque le niveau de compétition est trop haut pour un élève, il peut arriver qu’au lieu d’apporter une motivation, l’élève se désintéresse complètement de ses études puisqu’il ne peut fonctionner sous cette pression. Si le niveau de compétition est, au contraire, trop bas, l’élève pourrait, selon une étude menée par Margaret Clifford, adopter de mauvaises techniques de travail, telles que des techniques moins efficaces(4) qui pourraient résulter en travaux de moins bonne qualité. Le manque de compétition peut aussi mener un élève, une fois rendu à l’université, à sous-estimer l’effort nécessaire pour réussir puisqu’il n’aura jamais fait face à cette pression compétitive.

Alors, si la solution pour bénéficier de la compétition n’est qu’avoir un niveau approprié, pourquoi ne la faisons-nous pas? La raison est que trouver ce juste milieu, entre un niveau assez élevé, mais pas trop, s’avère très difficile. Le niveau de confort varie énormément d’un individu à l’autre puisqu’il est entièrement subjectif. Si une personne a été exposée à de la grande compétition depuis la jeunesse, comme moi, par exemple, elle saura beaucoup plus facilement s’adapter au mode compétitif de la vie étudiante. De même, si une personne n’a fait face à aucune compétition lors de sa jeunesse, elle aura probablement une plus grande difficulté à s’adapter au même milieu. Par contre, je crois que le niveau ou la résistance à la compétition importent peu, chacun doit pousser ses limites à un moment ou à un autre dans la vie.

« En compétition, il y a toujours un premier et un dernier, mais l'important est de ne pas être le second de soi-même. »(5). Cette citation, prononcée par Luis Fernandez, le célèbre entraineur de football français, , évoque un autre point important concernant la compétition. Celui de différencier la compétition entre les pairs et avec soi. À mon avis, la compétition entre pairs est importante afin de développer un esprit compétitif. Cependant, en grandissant, le goût de la compétition entre pairs devrait évoluer pour favoriser celle avec soi-même. C’est ce goût pour l’avancement de soi qui est le plus utile dans la vie, puisqu’il permet de garder motivation et passion sans interférer avec la pression des pairs.

Comme toute bonne chose, la compétition doit être utilisée de façon appropriée afin d’être avantageuse. Malgré qu’elle crée souvent des résultats négatifs, puisqu’il est difficile de trouver un niveau approprié, la compétition est inévitablement présente dans nos vies. Par conséquent, il faut faire tout ce que l’on peut pour l’apprivoiser et l’utiliser à notre avantage afin d’en tirer ces nombreux bénéfices.


NOTES EN BAS DE TEXTE
(1) Thayer White, Be your Own Psychologist, chapitre 15, 1995
(2) Robert Blondin, 7e de solitude Ouest, Montréal, Quinze, 1989, 408 p.
(3) Terry Orlick, The Myths of Competition, The Rotarian, janvier 1988
(4) Margaret Clifford, extrait dans la recherche : Cooperation, Competition and Kids, PennState, publié en 1994, consulté le jeudi 7 janvier 2010 (http://downloads.cas.psu.edu/4h/CompetSelfEsteem.pdf)
(5) Luis Fernandez, célèbre entraineur de football français


BIBLIOGRAPHIE
BLONDIN, Robert. 7e de solitude Ouest, Montréal : Éditions Quinze, 1989, 408 p.
ORLICK, Terry. The cooperative sports & games book: challenge without competition, New York: Pantheon, 1978, 129 p.
http://query.nytimes.com, SUMMER, W.G. Effects of competition on society, New York Time, publié le 23 janvier 1987, (site consulté le mardi 22 décembre 2009)
http://downloads.cas.psu.edu/4h/CompetSelfEsteem.pdf, MINCEMOYER, Claudia. Cooperation, Competition and Kids, PennState, publié en 1994, (site consulté le jeudi 7 janvier 2010)
http://www.psychologyhelp.com/work147.htm ,WHITE, thayer. Be your Own Psycologist, publié en 1995, (site consulté le mercredi 23 décembre 2009)
http://arundelsoccer.d4sportsclub.com/object.aspx?id=76, COYLE, Tami. Sports Competition Good if Handle the Right Way, Université de Colorado, publié en 2006, (site consulté le mardi 5 janvier 2010)


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